Grâce à notre partenaire ABB, nous avons pu poser nos questions à Raouia Kaddachi, ing., M. Sc.A, gestionnaire de projets chez ABB Canada en électrification, diplômée en génie industriel et titulaire d’une maîtrise en automatisation de la production à l’ÉTS.
Qu'est-ce qui vous a mené vers la profession d'ingénieure?
Pour moi, le génie n’a jamais été un choix accidentel : c’était presque une évidence. J’ai grandi dans une famille où l’ingénierie faisait partie du quotidien. Mon père est ingénieur, tout comme mes deux frères, et dès mon plus jeune âge, j’ai été exposée à une manière de réfléchir, de décortiquer les choses, de chercher à comprendre comment elles fonctionnent, mais surtout, à une certaine fierté du métier.
Au-delà de l’influence familiale, il y avait aussi quelque chose de personnel : j’ai toujours aimé les mathématiques et la physique parce que pour moi, tout y fait sens. Ces matières sont logiques, structurées, démontrables, et j’ai toujours trouvé cela rassurant et stimulant.
J’ai aussi toujours eu un instinct naturel pour l’efficacité : chercher la meilleure façon de faire les choses, optimiser les processus, réduire les pertes de temps. C’est donc tout naturellement que l’ingénierie s’est imposée comme la discipline qui réunissait tout ce que j’aimais : la logique, l’efficacité et la possibilité d’avoir un impact concret. L’ingénierie était à la fois un héritage, une passion… et un choix aligné avec ma personnalité.
À quoi ressemble votre quotidien chez ABB?
Je travaille aujourd’hui chez ABB Canada comme gestionnaire de projet dans la division Électrification. Je pilote des projets d’équipements électriques complexes destinés à des infrastructures essentielles : réseaux publics, usines, mines, transports, centres de données, etc.
Concrètement, mon travail consiste à :
Coordonner plusieurs équipes (ingénierie, usine, fournisseurs, service) pour que tout avance dans la bonne direction ;
Gérer les enjeux techniques, logistiques, financiers et contractuels;
Gérer les coûts et le budget du projet pour rester dans les objectifs financiers;
Assurer le suivi des livrables, des échéanciers et des risques;
Servir de lien entre les clients, les usines de production et les fournisseurs;
Trouver des solutions lorsque les imprévus surviennent (ce qui arrive souvent !)
Ce qui rend ce rôle passionnant, c’est que je navigue entre la technique, la logistique, la communication, le contractuel et le stratégique… tout en gardant un objectif clair : livrer des solutions fiables qui auront un impact réel.
C’est un rôle exigeant, mais profondément stimulant — on ne s’ennuie jamais, et on apprend constamment.
Qu'est-ce que vous aimez le plus de votre travail?
Ce que j’aime le plus, c’est de voir un projet devenir réel. Après des mois de coordination, de discussions, de révisions et parfois de stress, voir l’équipement fonctionner pour la première fois est un moment extrêmement gratifiant. J’aime aussi le fait de travailler avec des gens de profils, et d’expertises différentes. On apprend beaucoup, on s’adapte, et on voit l’impact concret de notre travail sur des infrastructures qui vont servir pendant des années.
Avec tous les changements technologiques constatés de nos jours, quelle vision à long terme avez-vous pour la profession?
Avec la digitalisation, l’automatisation, l’intelligence artificielle, les réseaux intelligents et la transition énergétique, notre secteur évolue rapidement. Le rôle du gestionnaire de projet devient de plus en plus stratégique : il ne s’agit plus seulement de suivre l’avancement, mais de comprendre comment intégrer de nouvelles technologies, comment collaborer efficacement entre différents métiers, et comment livrer des projets qui sont non seulement viables, mais durables.
Je pense que la profession va continuer à se transformer pour devenir encore plus multidisciplinaire, centrée sur les données, et orientée vers la collaboration. C’est une évolution stimulante et pleine d’opportunités.
De quoi êtes-vous la plus fière?
Je suis fière du chemin que j’ai parcouru en peu de temps. À un âge encore jeune, j’ai eu l’occasion de gérer et de mener à terme des projets d’envergure, avec des responsabilités que je n’aurais jamais imaginé avoir aussi tôt dans ma carrière.
Je suis fière de tout ce que j’ai appris en cours de route — non seulement sur le plan technique et professionnel, mais aussi sur le plan humain. Chaque défi, chaque imprévu et chaque réussite m’ont fait grandir. Et le fait d’avoir pu contribuer à la réussite de grands projets, vraiment significatifs, est pour moi une source de motivation et de gratitude.
Quels conseils aimeriez-vous donner aux futures diplômées en génie?
D’abord, croyez en votre place, même si vous êtes la seule femme dans la pièce. Ensuite, ne négligez pas vos compétences humaines : la communication, l’écoute et le leadership sont tout aussi importants que la technique.
Restez curieuses, posez des questions, explorez. Le parcours ne sera pas toujours linéaire, mais chaque étape vous apportera quelque chose. Et surtout, n’oubliez pas que l’efficacité ne vaut rien si elle ne s’accompagne pas de respect et de collaboration. Le génie est un domaine technique, mais il reste profondément humain.
Nous tenons à remercier chaleureusement ABB et Emma Osmancevic pour leur contribution à notre blogue, ainsi que Raouia Kaddachi pour avoir accepté de répondre en détail à nos questions. ABB étant un leader mondial en automatisation et électrification, nous sommes infiniment reconnaissantes de pouvoir compter sur leur soutien pour favoriser l’intégration des femmes en génie.
